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Direct du Min’bar – Vendredi 14 Zul Qa’adah 1434 – 20 Sept. 2013 – Le Cœur au service de l’Homme, cet Homme au cœur de la Parente


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Titre de cœur plus que d’esprit, balancé entre la prêche de Genève sur le cœur, cet organe central de tous les sens, et la prêche de Médine sur la culture de la parenté, tant les deux se conjuguent dans une convergence incroyable d’un futur espéré (Paradis). Le jeune Imam Abou Assia de Genève, et le patriarche Khuzaify de Médine ont chacun délivré une prêche d’une qualité remarquable. A Genève, le cœur a été revisité comme l’organe central des intentions, actes et comportements. A Médine, perché sur le Min’bar An-Nabawiy, Imam Khuzaify a rappelé parmi les devoirs capitaux du croyant la culture de la parenté, car la parenté est un fait que nul d’entre nous ne choisit ni ne peut influencer, à l’origine d’une seule racine pour toute l’espèce humaine - et qui donc se manifeste comme un déterminisme imposé par Allah SWT.



Direct du Min’bar – Vendredi 14 Zul Qa’adah 1434 – 20 Sept. 2013 – Le Cœur au service de l’Homme,  cet Homme au cœur de la Parente
Il n y a donc qu’un devoir qui incombe à son propos, c’est de la respecter, mieux, la cultiver comme nous y invite Allah, en attirant notre attention qu’elle est non seulement sous sa stricte surveillance, mais surtout qu’elle fera l’objet d’un interrogatoire (V. 1, S.4) – Qu’en aurons-nous fait ? Et c’est le cœur qui est interpellé, cœur que le Prophète avait désigné comme le siège de la piété en tapotant au niveau de son ventricule gauche (At-Taqwà heûhunà !), piété, qui découle du parcours satisfaisant des étapes antérieures dans la chaîne de l’adoration – Tawhîd, Islam, Imàn, Ihsàn, Ikhlàs, ...La richesse du verset cité par Imam Khuzaify indique déjà l’importance qu’accorde Allah à la culture de la parenté, car ce verset met ensemble (i) l’impératif de la crainte d’Allah (cœur), fondé sur (ii) notre origine à tous qui est une et unique (Nafsun Wàhida) et qui donc nous embarque dans une fraterie (de fait) humaine, que nous devons grader (de culture) en une fraternité dans la foi (V.10, S.49), (iii) établit le devoir de respecter la parenté comme un déterminisme, et enfin (iv) rappelle que tout ce qui précède est sous la surveillance stricte d’Allah, et fera objet d’interrogation !

Imam Khuzaify, qui est l’un des rares dans la catégorie à émarger à la fois à toutes les lignes - mà chà Allah -, Patriarche, Imam, Khatîb, Hàfiz, Faqîh, et Mujawwad - de faire observer que c’est Allah dans Ses Verbes Actifs (Créer, Faire, Installer, Façonner, Initier) qui A Créé l’humain à partir d’un liquide – explicitement cité par le Qur’ân comme à l’origine du Nasaban (père) et Sihran (mère) – (V. 54, S.25), parenté qui donc découle de ses Lois inviolables de Tout-Puissant dans la Création (Qadîr). De ces verbes actifs d’Allah découle Ses ordres à l’endroit de Ses serviteurs et Allah nous Indique donc de Le craindre dans le respect de la parenté (ascendante, descendante, parallèle, affiliée et ramifiée). Le respect de la parenté dans la crainte d’Allah est donc le soubassement de tous les devoirs qui nous incombent dans la sphère sociale à y regarder de près, et c’est pourquoi le Prophète en répondant à la requête d’un des croyants qui cherchait le meilleur parmi les actes lui a répondu dans l’ordre – Rétablis le lien avec celui qui l’a rompu, Donnes à celui qui te refuse, Pardonnes à celui qui t’offense – inutile de disserter sur la noblesse de tels actes que tous les prophètes ont enseigné, et qui correspond à l’état d’esprit ou de cœur que le prophète a toujours voulu inculquer aux serviteurs d’Allah – soit un cœur apaisé dans l’actif comme dans le passif.

Dans l’arsenal des avantages individuels et sociaux de la culture de la parenté, Imam Khuzaify cita avec référence (Hadith) à l’appui – élargit et emplit de sérénité la poitrine, tempère l’ardeur, favorise la facilité dans l’entreprise, peut valoir l’affection des autres, élève dans l’échelle d’Allah, octroie un esprit d’alerte social, suscite la protection des droits et l’attachement au bien collectif, favorise la longévité, prémunit contre le mal et le châtiment, protège contre la mort subite et la fin non enviée (ah bon !). Enchaînant dans les recommandations génériques, il ajouta venant toujours du prophète – Donnez la nourriture, levez-vous la nuit pour prier, Soyez les premiers à adresser la salutation, et surtout cultivez les liens de parenté, vous serez heureux. Ah oui !

Sur chacun de ces aspects, il cita un Hadith du prophète en insistant que parmi les recommandations du prophète figure en bonne place l’exécution régulière et correcte des cinq prières quotidiennes, la fidélité aux pactes, et la culture de la parenté. Il raconta une anecdote d’un Médinois qui était venu se plaindre auprès du Prophète qu’un de ses parents l’ignore royalement, malgré ses tentatives répétées de maintenir le lien. Le prophète lui demanda comment il se comportait avec ce parent – il répondit qu’il établit le lien et le maintient en lui rendant visite, qu’il réagissait que par le bien à sa rébellion ou sa non réaction, qu’il lui servait des parts lorsqu’une bénédiction lui arrive, qu’il reste vigilent à lui apporter son aide en cas de besoin et qu’il ne tient ni n’enregistre aucun propos désobligeant à son endroit. Le Prophète lui répond, si tu te comportes comme tu as décrit, continues, car tu sauves et ta face et la sienne !

Or dans la parenté, tel que décrite par le Qur’ân, il y a les sphères de droits et devoirs, car la priorité revient aux proches d’abord (Zawyl Qurbà), avant les autres. Le prophète avait bien expliqué la congruence de ces sphères, et le Qur’ân dans deux recommandations distinctes sur la parenté alerte sur l’ostentation et le gaspillage (V.26, S.17) comme corollaire de sa désertion, tout comme il rassure sur son respect comme raccourci pour se rapprocher d’Allah (V.38, S.30). Toutes les religions dira Imam Khuzaify ont un dénominateur commun ancré sur la Tawhîd, et fondé sur des piliers standards que sont la bienséance envers les parents, la Salàt et la Zakàt, la culture de la parenté et le dire du bien des autres (V.83, S.2).

Voilà donc le pont avec le cœur – dire du bien des autres -, car comme dira le jeune Imam Abou Assia, ce ne sont point les organes qui s’expriment, ni la langue, ni les mains, ni autre, mais bien le cœur. Et le cœur lorsqu’il est apaisé de Tawhîd, de Foi et de Tawakkul en Allah, il devient fort, indemne de toute manœuvre et préparé aux épreuves. Il devient vertueux et ne peut donc envoyer que des impulsions vertueuses dans les organes. Le schéma est facilement perceptible dans la biologie du corps, en particulier dans la circulation du sang et dans l’oxygénation des organes. Tout part du cœur et tout revient au cœur en effet, au propre comme au figuré. Et pour que les impulsions soient positives, il faut s’assurer que le cœur est d’abord apaisé et tout le corps comme avait dit le Prophète devient pur, sinon l’inverse produit la controverse (safàn ba di sfàn ba comme dirait Cheikh Tidiane Sy). Pour que la lampe éclaire, ajoute le jeune Imâm, il faut que la flamme brille, que le verre soit propre et transparent et que l’énergie à la source ne faillit pas, tel est le cœur, tout doit fonctionner à l’unisson pourvu que la source ne faillit pas !

Dans la pédagogie du prophète, il y a bien sûr le double tranchant (V.28, S.34), et dans ce registre, Imam Khuzaify cite quelques inconvénients de la désertion de la parenté. Par exemple, les œuvres des croyants sont exposés tous les Lundis et Jeudis au prophète pour intercession auprès d’Allah en faveur de sa communauté, mais parmi ceux qui ne bénéficieront pas de ce privilège, il y a les pratiquants ou adeptes de sorcellerie et de magie, les déserteurs de la parenté et les jouisseurs de substances enivrantes. Allah d’ailleurs avertit (V.22, S.47) de la gravité de tels actes qui concourent à la détérioration des piliers de la terre (environnement) et de celles de la parenté. Il n y a pas plus grave pêchés que l’ostentation et la désertion de la parenté (Hadith) ajouta-t-il. Car en fait, ces vertus enseignées par les religions et conformes à la nature humaine au plus primaire de son expression ne peuvent être entravées que par un cœur malade. Ce qui fait rappeler au jeune Imam de Genève la vertu de l’humilité et de la présomption positive. Car dira-t-il ceux qui prétendent ne faire du mal à personne pour justifier une attitude renfrognée ignorent que le meilleur des croyants après le Prophète Seydina Abu Bakr lui-même a été corrigé par Allah (V.22, S.24) sur un tel comportement et il s’est exécuté de la meilleure des manières. Ayons l’humilité de demander pardon, et la générosité de pardonner au sein et de dehors de la parenté, pour espérer le pardon encore meilleur d’Allah.

Sa’d Ibn Aby Waqqàs, ajouta-t-il, a été informé de son vivant de son rang honorable d’habitant du Paradis, parce qu’il n’allait jamais au lit le soir sans vérifier qu’il ne garde dans son cœur aucune rancœur vis-à-vis de qui que ce soit et qu’il n’enviait jamais quiconque de ce qu’Allah lui aurait donné comme faveur. Et Allah lui-même de s’interroger – Vont-ils envier les gens de ce que je leur ai gratifié de faveurs (V.54, S.4) et de citer l’exemple de la lignée du Prophète Ibrahim qui ont hérité non de biens matériels, mais de Science et de Sagesse (les seules richesses en fait) et aussi de souveraineté, qui lorsqu’elle repose entre les mains de vertueux ne peut qu’embarquer la communauté vers son bonheur.

Soignons notre cœur – et c’est aussi simple que de faire passer sa main droite sur son ventricule gauche (allez-y !) et d’évacuer tout ce qui y serait logé - comme rancœur, envie, méchanceté, perfidie, triche - de manière à nous éclairer sur la bonne attitude - la culture de la parenté, et nous éviter la mauvaise – sa désertion – toute chose qui demande un cœur pur, un esprit positif, une attitude de bien en toute circonstance et une projection dans un futur de paix, de communion fervente, de sérénité, un paradis terrestre en un mot qui ne tient finalement qu’à deux choses selon le Qur’ân (V.47, S.15) – (i) un cœur débarrassé de toute corruption au propre et au figuré et (ii) une fraternité agissante et réelle illustrée jusque- dans le vis-à-vis des assises.

Voilà donc où le cœur assaini et la parenté originelle se retrouvent…au Paradis, et pourquoi donc ne pas l’expérimenter hic et nun comme disait Cheikh Seydil Hadj Malick, lui qui avait élargi le cercle de parenté pour que personne ne soit laissé en rade…min jihheuti-Tiny aw f id-Diny. CQFD !


Best Zyars
Al Amine


Par Al Amine Kébé (Geneve)
Vendredi 20 Septembre 2013

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