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EN DIRECT DU MIN'BAR : La valeur intrinsèque du croyant – une palette d’exemples parmi les compagnons du prophète. (Par Al Amine Kébé)


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EN DIRECT DU MIN'BAR : La valeur intrinsèque du croyant – une palette d’exemples parmi les compagnons du prophète. (Par Al Amine Kébé)
J’ai cherché d’abord à trouver un thème à cette remarquable prêche de Cheikh Sofiane de ce Midi, mais ensuite j’ai butté sur comment le résumer tellement il a été riche, entrecroisé de thèmes (contrat du croyant, bravoure, devoir de fidélité et mérite de la confiance, culte de l’excellence, amour du savoir, purification des cœurs, attachement au juste), d’exemples illustratifs dans la catégorie des compagnons (Seydina ‘Umar, Abû ‘ubayda Al Jarràh, Mu’àz ibn Jabal, ‘Amr in ‘Âs, etc) et dans celle des Prophètes (Ibrahim, Mûsà, Yûsuf). Et pourtant la trajectoire de son argument reste dans l’exemple de ces Vertueux dont la valeur intrinsèque fait que chacun d’eux peut équivaloir toute une nation (V.120, S.16) ou que chacun d’eux s’érige comme un modèle de tous les temps pour une perle de qualité désirable. Il a fini par attirer l’attention sur un sujet sensible au sein des Académies religieuse – la Fatwa – décret religieux – et qui dans l’école de l’Imam Malick requiert le consensus de 70 savants réputés, autrement presqu’impossible à faire objet de validation.

Le Commandeur des Croyants (Seydina ‘Umar), qui est le seul à avoir régné suffisamment longtemps (10 ans) parmi les 4 compagnons canoniques (2 ans en moyenne) était réputé pour ses qualités d’Homme d’État, d’Imam de la communauté, de dépositaire de la confiance populaire, mais surtout de sagesse et de justesse dans le choix de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Et voilà toute la base de la mise en confiance des serviteurs de la communauté, car dira-t-il le contrat de responsabilité (Al Amàna) ne repose pas comme le font penser certains uniquement sur les épaules des leaders et décideurs, mais sur les épaules de chacune et de chacun. Allah informe qu’après que les autres composantes canoniques de la création (cieux, montagne, terre et planètes) ont décliné pouvoir tenir cette responsabilité (V.72, S.33) c’est l’humain qui s’est porté volontaire, mais précise Allah c’est dans l‘ignorance et dans l’injustice qu’il s’est porté volontaire, ignorance de l’importance d’une telle responsabilité et injustice dans son exercice.

Et l’Imam de rappeler donc que la responsabilité de l’équilibre des composantes de la société et de la bonne marche des affaires relève de tout un chacun. Le Prophète dira ti n’a-t-il pas rappelé (Kullukum rà-‘in) que chacun d’entre nous est un Berger au sens qu’il rendra compte de comment il a tenu ses troupeaux et dans l’explication du Prophète, il a cité plusieurs exemples pour illustrer la responsabilité du père de famille, de la mère de famille, de l’Enseignant, du Juge, du Leader. L’Imam d’insister sur les qualités requises pour exercer cette responsabilité sans la tordre davantage.

Cette notion de responsabilité dira l’Imam est très souvent dévoyée dans divers domaines de la vie. Politique, et cela conduit ainsi ( V.34, S.27) à des abus de pouvoir, des complexes d’infériorité et de supériorité, des usurpations de mandats électoraux et de volonté populaire, de l’exacerbation des inégalités et injustices; Economiques, et cela conduit à l’exploitation d’un groupe par un groupe (V.92, S.16), au dérèglement des marchés, au déséquilibres des prix, à la dégradation des conditions de vie et à l’exacerbation de la pauvreté; Socio-culturel, et cela conduit à la violation des droits des groupes vulnérables – orphelins, femmes, enfants, minorité ethnique ou raciale - groupes dont le Prophète avait assuré la protection contre toute violation de droits. Le V.34 de la S.17 met en garde contre de telles violations et résume le devoir de respecter tout pacte ou contrat par tout un chacun, car il sera objet de compte rendu devant Allah. En sommes-nous suffisamment conscients ?

L’Imam a aussi développé cette notion de responsabilité dans ce qu’elle implique la confiance ex ante et la confiance ex post. La confiance ex ante est ce qui balise les rapports, les échanges et les interactions, il a expliqué que c’est par principe mérité et non réclamé. L’exemple le plus probant est celui des frères de Yusuf (V.11, S.12) qui ont réclamé la confiance de leur père au sujet de Yusuf et qui l’ont tout de suite trahi (V.17). La leçon est que le père ne leur fait plus confiance (V.64), mais s’en remet à Allah, le Meilleur des Protecteurs. Dans l’exemple de Seydina ‘Umar qu’il a cité plusieurs fois aujourd’hui, on peut rappeler que celui-ci avait enlevé de sa liste du Gouvernement un homme pressenti pour être Gouverneur, mais qui lui-même est venu s’auto désigner discrètement. Seydina ‘Umar en a déduit qu’il ne méritait pas cette responsabilité (confiance) ! N’est-ce pas la présomption, principe capital dans le droit, repose sur cette confiance ex ante, tant qu’elle se vérifie ex post. Et dans le cas de la confiance ex post, il cita l’exemple du Prophète Mûsa avec les filles du Prophète Chu’aïb (V.26, S.28). La confiance ex post repose sur ce que Mûsa a démontré au préalable dans l’interaction et les échanges de propos et il ne s’attendait pas à ce que cette confiance lui soit reconnue.

Un autre exemple est Yusuf lorsque convaincu de la survenue de la sécheresse en Egypte a demandé à ce qu’on lui confie la gestion des terres et des productions (V.55, S.12), car il aura déjà démontré dans le cas de la princesse qui s’était éprise de lui et avait retourné le tort injustement contre lui, dans la prison pour aider ses compagnons, dans le conseil expert au roi au sujet de la gestion des cycles de sécheresse, et dans le rétablissement de la vérité avant d’accepter d’être libéré de prison qu’il méritait la confiance, et d’ailleurs, le Souverain lui avait reconnu cette confiance (V.54). Tous les prophètes dira l’Imam ont cherché à mériter ce titre de ‘Amine’ ainsi que le leitmotiv de la S. 26 (Vs 107 à 178) l’illustre, car c’est suffisant comme indicateur de vertu. Parlant du Prophète, il a rappelé que son nom par lequel toute l’Arabie le connaissait était déjà la synthèse des 2 confiances – As-Sàdiqul Amine.

Et c’est donc dans l’exercice de cette responsabilité par le Prophète et par les compagnons – exercice fondé sur la connaissance et non l’ignorance, régi par la justice et non l’injustice – que ces compagnons vertueux ont pu émerger comme des étalons de la communauté. Toute communauté avait dit le prophète a un ‘Amine – dépositaire de la confiance du peuple’ et le ‘Amine’ de cette communauté est Abu ‘Ubayda. La famille de Cheikh Seydil Hadj Malick Sy, dont on célèbre ce Samedi la 4ème journée Européenne à Paris, a aussi un ‘Amine’, qui est Cheikh Abdul Aziz Sy, et qu’on appelait Junior du vivant de l’Illustre Hadj Abdul Aziz Sy Dabbâgh, le Senior, celui-là aussi dont on célèbre aujourd’hui le 15ème souvenir du rappel à Dieu. Autant d’exemples de vertus et de modèles dans la continuité des compagnons et sous la lignée des Sàlihîns.

Et le prophète continuait à citer les étalons de la communauté. Le plus érudit de la communauté avait-il dit en matière de licite et d’illicite (Science de Fiqh) est Mu’àz et il cita aussi Sa’d ibn Aby waqqàs comme le plus constant dans la droiture. Parmi les plus adroits et les plus sagaces, il cita ‘Amr ibn ‘Âs, qui en ouvrant l’Egypte (il y était Gouverneur sous Seydina ‘Umar) a fait d’une pierre deux coups, ouvrir une brèche pour l’expansion de l’Islam à l’Ouest de Makkah, mais surtout libéra l’Egypte de l’occupation Romaine. J’ai eu la chance la semaine dernière de visiter son impressionnante Mosquée au Caire, pas loin de la citadelle de Salhud-Din (Saladin) d’ailleurs dans le Fustat.

Voilà donc une palette de vertus, de valeureux hommes de l’Islam, de prophètes avec leur histoire au sein de leur communauté, qui forgent le caractère du croyant et contribuent à façonner ces valeurs intrinsèques, sans lesquelles le poète Arabe avait dit (Innamal umamul axlàqu mà baqiyat…). Les peuples ne survivent qu’au prix des vertus qu’ils ont légué, si les vertus disparaissent, autant en emporteraient-elles les peuples.

Je dois avouer que je n’ai relaté que le 10ème de la prêche, mais j’ai atteint la taille maximale que je m’autorise pour cette rubrique.

En conclusion, il a rappelé la gravité des Fatwa et a cité Imam Malick et sa solide Chaire de Madina Al Munawwara – qui ne légifère que si il réunit l’avis consensuel de 70 Erudits, ce qui revient à dire que c’est presqu’impossible. D’ailleurs Imam Malick avait cité ceci à l’opposé en disant qu’il ne recommande à aucun croyant de remettre en cause une loi de Fiqh établi tant qu’il ne regroupe 70 avis divergents sur la question. Allah n’a-t-il pas anticipé les lois sur une base de convenance au bien être humain et de protection contre toute décadence – V.157, S.7. C’est ainsi que la majorité des Erudits sont d’accord pour dire que la cigarette (au même titre que le vin) est Harràm, vu leur impact sur la santé humaine, les dégâts collatéraux qu’ils provoquent et leur contribution à la détérioration du profil épidémiologique dans le monde.

Puisse Allah nous armer de toutes ces vertus afin que nous soyons sur une orbite permanente de construction de nos valeurs intrinsèques sur le modèle des Prophètes, sur celui des compagnons et inspiré de l’exemple unique du Prophète .

Avec mes meilleurs Zyars de ce Vendredi, en particulier à vous qui me lisez sur Asfiyahi.org.

Par Al Amine Kébé, Président de la Hadara Tijâny de Genève
Vendredi 14 Septembre 2012

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1.Posté par lamine le 18/09/2012 15:04 | Alerter
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Toutes mes félicitations et encouragements, pour ce texte si riche en enseignements de tous ordre. QueDieu vous prête longue Vie et vous éclaire davantage.

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