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Editorial - 4ème journée Européenne El Hadj Malick Sy organisée par le Dahira Ahibà-i Seydi Djamil de Paris : Rien ne sert de courir, il faut partir de 4 (Par Al Amine Kébé)

Thème Général : L’humanisme du croyant comme solution aux crises de la famille et de la société


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Editorial - 4ème journée Européenne El Hadj Malick Sy organisée par le Dahira Ahibà-i Seydi Djamil de Paris  : Rien ne sert de courir, il faut partir de 4   (Par Al Amine Kébé)
La 4ème (édition, dimension, année, etc.) d’une série se présente souvent comme une consécration tant recherchée dans tout ce qui est entrepris par la méthode récurrente – que ce soit dans le temps, dans l’espace ou même dans l’adoration d’Allah SWT. Ainsi en-est-il de l’Ethique (Ihsàn) qui corrobore les trois premières étapes de la recherche de l’Agrément d’Allah à travers la Tawhid – Islam – Imàn, et qui reste l’instrument privilégié des Sàlihîn comme Cheikh Seydil Hadj Malick Sy.

Cette 4ème journée de Cheikh Seydil Hadj Malick Sy coïncidant avec l’avènement du 4ème exécutif du Sénégal, n’échappe pas à cette règle, en ce sens qu’elle consacre la mise en orbite réussie par les organisateurs après le décollage, l’inclinaison et la montée aboutis lors des éditions de 2009, 2010 et 2011. Cette 4ème ancrée dans l’héritage pédagogique de Maodo s’est choisi à la lumière de l’aggravation des crises et déficits qui secouent l’Europe et le monde depuis maintenant 4 ans de revisiter les enseignements du Parrain et d’inspirer le retour aux fondamentaux. Pour emprunter le langage des Décideurs politiques dans la recherche des 4 bases du carré de gestion magique - croissance économique, création d’emploi, rigueur budgétaire et solidarité intergénérationnelle.

Cheikh Seydil Hadj Malick Sy est même allé plus loin pour avoir il y a plus 4 générations jeté un pavé (Fa hàzihi Nubza) dans la marre des crises contemporaines (Fasàduz-Zaman) pour anticiper les solutions idoines - et surtout mettre en garde contre les absurdités idéologiques et politiques (Baydul ‘Unûq) qui foisonnaient déjà au début du siècle dernier. Et sa méthode n’a jamais été autre qu’ancrée dans 4 fondamentaux - Amour de Dieu, Attachement à la Sunna, Avidité du Savoir, et Détachement du Monde.

Dans le Kifàyatur-Ràghibîn (Le must des ambitieux) qui servira de référence à Imam Cheikh Ahmed Ndièguène de Marseille dans la 2ème conférence, Maodo - en réponse à l’invite impérative d’Allah SWT (V.104, S.3) - se fait un devoir d’ériger une élite de vertueux qui se consacre à 4 choses – (i) appeler à la convenance et au bien, (ii) ordonner l’action utile, (iii) refuser tout compromis dégradant, et (iv) s’opposer au mal et au blâmable. Il y a dans cette quadruple invite une prime à l’excellence (Muflihûn tel que conclut le verset) que Maodo glane par l’édification d’un solide socle d’humanisme, et qui protège contre une contagion pandémique du mal et du blâmable, né des conquêtes coloniales et de l’impérialisme du 19ème et du 20ème siècles.

Comment donc l’humanisme du croyant en ce début de 21ème siècle – que traitera Serigne Mansour Sy Djamil dans la 1ère conférence – peut renverser la tendance du 19ème et du 20ème ? Comment Maodo avait anticipé déjà cet instrument pour instaurer un anti-modèle et sauvegarder l’identité culturelle de ses concitoyens au beau milieu du colonialisme? Par la conquête morale - aux antipodes de la conquête territoriale - qu’avait mentionné George Hardy, Gouverneur Général à Saint Louis et contemporain de Maodo pour justement magnifier l’angle d’attaque de Maodo qu’était les cœurs des citoyens, siège de leur humanisme primitif et qu’il transforma habilement en un humanisme militant, c'est-à-dire au service de Dieu et pour le bien de la communauté.

Le pouvoir colonial à l’époque visait l’aliénation culturelle des territoires conquis, mais Maodo mit en avant son savoir et sa culture, sa probité et ses talents littéraires, sa sagesse et son humilité pour contrer avec détermination leur stratégie en usant une approche simple de développement endogène (S.12) centré sur le terroir et non le territoire, et doublé d’une solide formation de formateurs dans 4 domaines – Tawhîd, Sunna, Production locale et Sociologie du milieu. Maodo envoya ensuite ces formateurs selon un gradient socio-culturel et linguistique des plus aboutis pour cartographier la Sénégambie et semer les germes d’un ancrage culturel axé sur la pratique religieuse, c'est-à-dire ne reproduisant pas les réflexes identitaires païens ou ethnico-raciaux mais mettant un avant deux dénominateurs communs salutaires – résistance à l’aliénation culturelle occidentale et alternative aux pseudo-religions païennes par la Tawhîd et le message Prophétique.

Ainsi par l’approche duale qui caractérise l’école de la Tijànyà (Himma + Hàl) et surtout par une démonstration nue de tolérance, de justice, de loyauté, et de solidarité, il finit par rallier les colons à la cause des populations et inspira des millier de ses contemporains à trouver la bonne quadrature de comportement social, celle qui d’abord ne souffre d’aucun complexe de race ou de culture, qui ensuite s’honore de la Tawhîd et exclusivement de la Tawhîd, qui ne dévie point sur les interdits, et qui nie toute sorte de perversion implicite et explicite (V.33, S.7).

Dans la synthèse que fera Al Amine des deux conférences, il tentera de ramener ces enseignements de Maodo dans le contexte des crises économiques, sociales et financières actuelles et d’expliquer en quoi le modèle de développement communautaire prôné par Maodo était une anticipation visionnaire qui - aux antipodes des solutions virtuelles des marchés financiers - centre sa stratégie sur l’aboutissement de l’humain dans son terroir. En ce sens, il mériterait d’être vulgarisé dans les académies et dans les coulisses de préparation des sommets étatiques du G-20, du G-77 et des Nations Unies.

Il y a une telle magie dans ce chiffre 4, le seul qui représente le même résultat indépendamment d’une addition, d’une multiplication ou d’une puissance – 2x2 = 2+2 = 22. Telles est la palette qu’offrait l’approche de Maodo, quel que soit le sujet ou le mode opératoire, il te faisait atterrir sur 4 appuis solides – Tawhîd, Imàn, Islàm, Ihsàn. CQFD – juste en 4 lettres !

Par Al Amine Kébé, Président de la Hadara Tijâny de Genève
Mercredi 12 Septembre 2012

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