Etymologiquement le terme dâ’iratun (pluriel, dawâ’ir) signifie cercle, club. C’est un mot féminin, dans la langue arabe. Toutefois, rapporté au Sénégal, il fait référence aux regroupements confrériques qui n’ont cessé d’essaimer en réplique au premier d’entre eux créé par Cheikh Seydi Abubakar Sy, khalif général des tidianes en 1923- d’autres sources disent 1928- le dâ’iratul kirâm en l’occurrence. Il regroupait essentiellement des cadres des quatre communes de la colonie du Sénégal de l’époque. A titre de comparaison, le premier dâ’ira mouride date d’après la Seconde Guerre.
Aujourd’hui toutes les confréries de notre pays en comptent mais comme il faut rendre à César ce qui lui revient de droit, il ne serait pas superfétatoire de souligner que la paternité de cette belle idée de cercle confrérique revient au premier khalife de Maodo. Qu’Allah le rétribue donc comme il sied, ce dont nous ne doutons point, à la lumière de ce dit du prophète Muhammad (psl) : « Man sanna sunnatan hasanatan fa lahû ajruhâ wa ajru man ‘amala bihâ »
Ce type d’organisations avait entre autres objectifs de raffermir les attaches de groupe, entretenir les liens de solidarité et faire agir la confraternité entre membres. Entrait également dans la mission des dâ’ira de servir de cadre de renforcement des connaissances religieuses et confrériques de ses membres par la tenue de rencontres hebdomadaires souvent ou selon une régularité convenue. Ces rencontres offrent l’occasion d’exposés ou de cours sur la religion et la tarîqa, par des membres ou des personnes- ressources extérieures. Ces interventions portent souvent sur l’alphabétisation en arabe, l’initiation à la lecture du coran, le fiqh, les hadiths, etc…
Elles prennent également la forme de questions / réponses. Ces rencontres ont permis et permettent encore la diffusion des enseignements de la confrérie, notamment en permettant la vulgarisation de certains ouvrages, nous pouvons citer le taysir, ce célèbre poème de Cheikh Seydi Hadji Malick SY que des milliers d’adeptes connaissent par cœur, grâce à leur appartenance aux dawâ’ir… Certains dawâ’ir ont pu valablement remplir le vide laissé par l’absence d’humanités arabo-islamiques chez certains membres. En plus de ces rencontres qui sont d’ailleurs tournantes, chez les membres, des manifestations de grande envergure sont organisées une fois par an : gamou, conférence etc.
L’appartenance à une dâ’ira est importante à plus d’un titre comme nous le voyons, car comme le disait un saint et sage sénégalais Serigne Cheikh Ahmed tidiane SY, « ils constituent des clubs mystiques où se forment les athlètes de la religion. »
De plus en plus de dawâ’ir explorent d’autres voies, concomitamment à leurs missions premières purement spirituelles ou en prolongement de celles-ci: création de G.I.E (groupements d’intérêt économique), actions humanitaires... C’est le cas du dâ’iratul asfiyâ’i qui a mis sur pied une structure dénommée Africa Business Services . Par ailleurs depuis le Ramadan 2005, nous avons institué un « Ndogou de solidarité », occasion pour partager avec nos frères démunis ou handicapés et qui squattent les rues du centre- ville de Dakar un peu de ce que nous avons pu réunir grâce à de généreux donateurs, en appoint à nos propres moyens.
Nous avons également l’habitude au niveau de Asfiyâ’i de faire des dons de sang aux hôpitaux de Dakar…