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Zoom sur EL Hadj Mansour SY Malick


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Si Dieu nous en donnait l’inspiration, nous souhaiterions en quelques lignes dire quelques mots sur cette illustre figure, relativement peu connue de la jeunesse actuelle qui pourtant gagnerait beaucoup à en savoir sur la vie de cet homme qui, comme un météore passa dans ce monde-ci, mais dont l’éclat fut éblouissant dans tous les domaines où se mesure la valeur de l’homme.



Zoom sur EL Hadj Mansour SY Malick
Cheikhul qawmi- c’est ainsi qu’on le surnommait- naquit avec le vingtième siècle à Tivaouane même, où son père venait juste de s’installer. Il fut peut-être, de tous les fils de Maodo, celui qui vécut le plus près de son père qui s’occupa personnellement de son éducation et de son initiation exotérique et ésotérique. Cette proximité avec le patriarche s’est poursuivie jusque dans l’autre vie, El hadji Mansour repose en effet à ses côtés : tout un symbole, sans doute ! On raconte que tout jeune déjà, Maodo le chargeait de rédiger sa correspondance, il n’avait pas encore fini d’apprendre l’abrégé bien connu sous le titre de al Ahdari, autant dire que son savoir fut précoce. Le jeune Mansour s’étonna d’ailleurs un jour auprès de son père du fait que son idiosyncrasie voire son intellect s’adaptait naturellement déjà à la langue arabe. Son père, humblement lui répondit que c’est peut-être parce qu’il a un professeur que lui, en son temps n’avait pas. Les nombreux poèmes qu’il composa ainsi que ses textes en prose attestent s’il en était besoin de sa belle maîtrise des lettres arabes. La beauté de son style et le caractère moralisateur de ses écrits firent que le Professeur Amar SAMB, dans sa fameuse thèse d’Etat le surnomma « le Zuhayr de la famille SY ».
En 1944, à l’âge de 44 ans, il fit le pèlerinage à la Mecque, il y survint un évènement heureux qu’il relate dans son poème fort célèbre : « fa lammâ danawnâ min sanal badri wanjalâ… » (Quand je me rapprochai de la lune, elle me fut dévoilée (je vis le prophète)) Sur le chemin du retour, il passa par le Maroc et rendit visite à Mohamed Nazîfî, l’auteur chevronné de Durratul Qarida, un des bréviaires de la tarîqa tijânîya. Durant leur conversation, celui-ci reconnut par son style l’épistolier de son père avec qui il entretenait une régulière correspondance. Il lui révéla avoir déjà fait un rêve dans lequel on lui disait qu’avant sa mort, il rencontrerait un descendant de Maodo!

Dans un document sonore inédit, Serigne Moustapha SY Jamil porte sur lui le témoignage d’un attachement sans faille à son père et d’une admiration à la limite de l’idolâtrie pour son frère et maître Serigne Babacar SY. Il leur dédia à chacun des poèmes d’une rare beauté comme pour renouveler son allégeance envers eux.
On peut en citer ces célèbres vers : « Fa wâ ajaban Fa wâ ajaban li cheyhi laqad saluhat salatul jâmi’înâ » (O merveille que notre maître ! / Grâce à toi notre prière du vendredi a été sauvée !), rendant hommage à la science et à la vigilance de tous les instants de Khalifa Ababacar SY mais singulièrement à la lucidité dont il fit montre dans un moment d’égarement généralisé dû au décès de Maodo où un étranger –un chérif mauritanien, semble-t-il- faillit s’arroger la direction d’une prière du vendredi à Tivaouane.
Il choisit également dans le tassawwuf, la voie la plus difficile, celle du « zuhd » ou renoncement au monde, une voie faite de privations et de dévotions : jeûne, frugalité, veille et retraites.

A Diacksao, raconte l’aîné des petits-fils de Maodo, il vivait dans une case des plus sommaires : sans toiture ni plancher digne de ce nom, sous le soleil et la pluie. Tard dans la soirée, on entendait sa voix déchirer la nuit par la mémoration des noms de Dieu ou serinant ces vers : « Yâ rijâla lâhi hâbû / laysa siwal lâhi rabbu/ lan tanâlal birra hatta tunfiqû mim mâ tuhibbû ». Il a pu mener cette vie parce que coaché très tôt par un père qui ne l’a pas couvé et gâté mais qui l’a entraîné plutôt à supporter sans broncher le goût âcre de la voie des hommes de Dieu. Une voie d’endurance. C’était un homme de savoir et de vertu, un grand pédagogue qui forma de nombreux hommes de Dieu, dont Serigne Moustapha Djamil lui- même. Il était d’une élégance dans la mise digne d’un prince tout autant que d’une crainte révérencielle digne des seuls prophètes et élus. Il fut de ceux rares qui connaissaient la valeur du silence ; il était un travailleur d’une singulière générosité, un poète d’une prodigieuse inspiration, un calligraphe hors- pair, mais surtout un saint endurant dans la dévotion. C’est sans doute au vu de tout cela qu’un saint casamançais ayant fréquenté l’école de Tivaouane en même temps que El Hadji Mansour eut à son endroit ces mots pleins de sous entendus : « Mansûrun man huwa min mawlâhu mansûrun ». Serigne Babacar lui-même, ne dit pas autre chose : « Mansûru mansûrun min indal lâhi ». Tous les deux soulignant le soutien et l’assistance qu’il avait reçus de son Seigneur.
Son frère et fidèle disciple El Hadji Abdou Aziz SY n’hésita pas dans un poème qu’il lui consacra à dire : « inî halabtu bi rabbil bayti wa tûri /Wa mâ ra’aytu fatan fî nâ ka Mansûri» (Je jure par le maître des lieux saints que je n’ai jamais vu personne parmi nous comme Mansour).
Son neveu Cheikh T. SY à son tour lui a consacré des vers pleins de sincérité et de profondeur, chantant à son tour ses qualités ineffables, au pinacle des valeurs humaines. Et la liste est loin d’être exhaustive.
Un tel homme, par sa naissance, par sa formation et par son commerce avec les hommes, mérite bien que lui soit dédié le parrainage de cette dixième conférence du dâhira asfiyâ’i, qui plus est sur le thème de l’éthique dans l’Islam. Tant il est vrai qu’El Hadji Mansour fut l’éthique incarnée.
Puisse Allah renouveler Sa miséricorde sur lui, le faire revivre dans son voisinage comme il l’a promis aux gens qui sont morts sur son chemin. En même temps que ces maîtres dans la voie et ses disciples à lui, qui nous l’ont fait aimer et mieux connaître : Serigne Moustapha SY Djamil, le Professeur Assane FALL et Habib SARR, aujourd’hui rappelés auprès du miséricordieux. Qu’il accorde une longue vie et une santé de fer à Serigne Makhtar Diop pour que nous continuions à nous délecter de son vaste savoir et de sa connaissance de Mansour Malick, l’homonyme de Boroom daara Ji, qu’Allah le très haut le garde encore longtemps parmi nous et en meilleure santé! Dieu nous fasse vivre encore bien d’autres éditions de la conférence annuelle de asfiyâ’i et toujours dans le même engagement et la même foi ! Que la paix et le salut du Seigneur soient toujours sur le sceau de la prophétie et son agrément sur le sceau de la sainteté ainsi que tous ceux qui suivent leurs enseignements ! Puissions- nous suivre l’exemple de cet homme de Dieu accompli dont la vie pleine et entière Lui fut consacrée !

Issa Faye
Samedi 31 Décembre 2011

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1.Posté par Diop le 21/01/2010 19:59 | Alerter
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Machaalah!!!

2.Posté par Babacar DIA le 20/02/2010 16:18 | Alerter
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Tel père tel fils,Serigne Mbaye SY Mansour essaie tant bien que mal à perpétuer l'oeuvre de son père

3.Posté par savoir le 22/08/2011 20:48 | Alerter
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pouvé vs me doné le nom dé peti fils de Maodo é ki é leur pér

4.Posté par El Hadji Saliou SIDIBE le 25/03/2012 03:37 | Alerter
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Billahi kéne dou yow Mame Maodo.

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