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CONTRIBUTION - Interprétation de l’Evolution Mystique et Historique de la Tariqa Tidjaniyya






L’avènement de la Tariqa Tidiane a coïncidé avec le siècle des lumières, un siècle dont les pensées constituent le socle de notre modernité. Les philosophies rationalistes , hegelienne, marxiste, toutes ont leur racine aux envions du 18eme siècle connu sous l’appellation de siècle des lumières. Pourquoi lumières, parce qu’il est perçu comme le soubassement des idées éclairées qui annoncent la rupture d’avec l’ancien monde, signalant le début du nouveau.

Du point de vue islamique, ces lumières sont en réalité des ténèbres al zulmaniya, puisque toutes les tares émanant du libertarisme, les idées laïques aux antipodes des principes islamiques, sont nées de leurs concepts sombres. Pour contrecarrer cette obscurité luciférienne, la Tidjaniyya voit le jour sous l’égide du Guide Éclairé, le pôle de tous les temps Mawlana Abul Abass Ahmad at-Tidjani (Qu’ALLAH l’agrée !)

Shaykh Ahmed at-Tidjani, des mains saintes du Prophète Muhammad (salaahu ‘aleyhi wasalam), reçut cette voie qui devait illuminer le monde obscurci par les pensées des philosophes du 18e siècle, comme par riposte. La Tidjaniyya émergea et porta la synthèse lavée de tous les cheminements mystiques la quintessence de l’islam et du soufisme, le seul gage contre le système luciférien revigoré par les pensées du siècle des lumières. Sa voie exclusivement moulée dans la lumière de la haqiqa mohammadienne vint aussi renouveler les ordres soufis essoufflés et dénaturés au 18e siècle par des scories peu orthodoxes bâtis sur la khalwa et l’exploitation de disciples forcenés (1). Cet essoufflement du soufisme attisera le réformisme hérétique de Muhammad Abdul Wahab durant ce même siècle.

Pendant que les philosophes rationalistes et empiriques préparent le monde nouveau basé sur le matérialisme aveuglant, Shaykh Ahmed Tidjani, au même moment, pose les jalons du nouveau programme de sauvetage descendu des instances célestes, parfaitement en conformité au Coran et la Sunna, et grâce auquel l’essence de l’islam retrouve son originalité, loin des pratiques galvaudées par les imposteurs et des ténèbres pondues par les partisans de Lucifer, Iblis.

Une fois la voie mise sur pied, portée par ses valeureux compagnons au nombre de 124 milles selon certaines versions, dont 14 lieutenants qui obtinrent (2) le Ijaza itlaq mutlaq, la Tariqa devait être retransmise au détenteur du secret de la propagation, le parrain qui devait la faire passer au monde moderne. Retenez que les idées du monde moderne étaient en gestation et allaient éclore avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication. C’est dans ce contexte qu’apparait Cheikhal Hadj Omar Tall, à qui Abul Abass a dû confier le secret de la Tariqa par l’entremise de Muhammadu Ghali (Qu’ALLAH les agrée !) lors de son pèlerinage entre 1826-1829. En cet homme noir, promu en Khalife de la Tidjaniyya, reposa la mission d’introduire le secret de la Tidjaniyya, non pas en Afrique, mais dans le monde, jusqu’en Syrie et Jerusalem (voir Samba Diop 1997 :29) (3).

La Tariqa était bien avant initiée en terres noires par Muhammadu Hafith at-Tidjan (ra). Mais ici, il s’agit de l’essence même de laquelle cette voie allait pénétrer les masses. Le Jawâhir al Ma’ânȋ, symbolisé par le livre du même nom, était le contenant des secrets que Cheikhal Hadji Omar protégeait par les Lances, son livre ar-Rimâh achevé en 1846. N’en valait-il pas la peine ? Un joyau de cette envergure conçu pour la rédemption du monde matérialiste et païen méritait amplement d’être si précieusement gardé et défendu par un Général assermenté dans l’art de la guerre en la personne de El Hadji Omar Tall. Mais, à qui étaient destinés ces secrets pour enfin amorcer le décollage de la Tariqa ?

Mawlana Shaykh Ahmed at-Tidjani avait ordonné à Muhammadu AL-Ghali de donner le Jawâhir al-ma’ani à El Hadji Omar, le relai fut assuré par le porteur des redoutables Lances (Rimâh). Arrivé à l’autre bout de son parcours, il annonça, à son tour, la venue de Cheikhal Hadj Malick. N’est-ce pas là encore un signe pour les intelligents ? Pourquoi l’annoncer ? Parce que c’est lui le destinataire final des secrets de la Tidjaniyya, l’ultime tuteur qui allait redistribuer les cartes et redéfinir les rôles en ce début de la modernité techno-scientique, attendu à l’orée du 19e siècle. Donc, du 18e à la fin du 19e siècle, l’ancien monde était en cours de disparition pour céder place au nouveau monde. Le point de départ de ce dernier requérait la présence d’un autre pôle de la trempe de Maodo Malick, le trait d’union entre le crépuscule de l’ancien monde et l’aube du nouveau. Le savant Cheikh Tidiane Wade parle de Maodo comme symbolisant le Nun dans la mission universelle de l’islam.

Lorsqu’il acquit les secrets, malgré sa modestie, il le signala par un appel solennel dans son Or Décanté, « Yaa ghayisal Bahri » (o toi qui va plonger dans la mer en quête de coquillages, j’ai des coquillages qui couvent de l’or « Dourah », plus resplendissant que la lune au quatorzième jour). Avait-on toujours besoin de franchir les océans à la quête de l’ouverture dans les deux mondes ? Non. Maodo s’exprimait en réalité en métaphores et symboles, car ce Dourah enveloppé est probablement le secret de l’essence de la Tariqa Tidjan qui devait aider ses contemporains et les générations postérieures à répandre la bonne nouvelle, ainsi, jusqu’à la fin du monde. Il n’est point étonnant qu’il fût le confluent du savoir et de la sagesse qui affectait, par décentralisations, ses représentants partout au pays et en Afrique.

Le début de la modernité, avec l’essor des nouvelles technologies comme le télégraphe, la photographie et la caméra, avec leur corollaire d’antivaleurs, devait être accompagnée par un islam renouvelé, une spiritualité bien purifiée au travers des secrets de la Tidjani; élaborée par Shaykh Ahmad at-Tidjani, transmise et sauvegardée par Cheikhal Hadji Omar, et finalement organisée mystiquement par Seydil Hadji Malick en laissant deux ouvrages phares, Kifayât ar-Râghibȋn et Ifâm al-Munkir al Jânȋ consacrés respectivement à la Shari’ah et la Haqiqa. Ceci ne diminue en rien le mérite des autres Khulafa qui ont chacun contribué à redorer le blason de la Tidjaniyya, parmi lesquels le Grand propagateur de la Fayda Tidjaniyya, Shaykh Ibrahima Niasse.

Cependant, l’architecture mystique de cette voie, ce programme vers la fin apocalyptique, à notre sens, s’est organisée visiblement autour de ces trois relais primordiaux qui seront clos par l’arrivée de l’Imam al-Mahdi, comme l’alternative au nouveau monde fondé sur le matérialisme du siècle des « lumières obscures » et l’archaïsme décadent. A cet effet, la Tidjaniyya s’offre en abreuvoir sûr pour les assoiffés face aux leurs et lueurs lucifériennes de notre toute nature,

Cheikh Lo
1- Radke, B. 1996. Sufism in the 18th Century: An Attempt at Appraisal. Die Welt Des Islams,36 (3):326-364
2- Sall, I. 2006. Le guide du disciple Tidjani aspirant a la perfection. Liban : Albouraq
3- Diop, S. 1997. El Hadji Omar, la perle de l’Islam. Dakar : NEAS

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Lundi 15 Juin 2020






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1.Posté par Lo le 15/06/2020 14:59 | Alerter
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Rectification : Samba Dieng au lieu de Diop

2.Posté par Abdul Aziz le 15/06/2020 20:20 | Alerter
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Ma Shaa ALLAH 👏🏾🙏🏾

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