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Direct du Min’bar – Vendredi 13 Rajab 1439 – 30 Mars 2018 La Méthode du Discours : Ja’far avant Descartes


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A Genève, Imam Nûrud-Dîn a invité les jeunes à ne pas tomber dans le discours médiatique d’un Islam dévoyé par les crises politiques et sociétales du moment et qui causent tant de controverses. Il faut justement dit-il revisiter les origines du discours de l’Islam, qui n’a jamais été dans la propagande, mais dans la persuasion et la recherche d’une société juste et apaisée, riche de ses différences de confessions et de croyance, mais partageant les valeurs cardinales d’humanité et de bon sens. Le prétexte pour l’Imam est justement le tout premier prêche du tout premier Ambassadeur de l’Islam Ja’Far Aç-çàdiq, dont le jeune âge à l’époque (VIIème) n’était qu’une incitation de plus à tant de persuasion, tant de méthode dans le discours que Descartes en a certainement puisé dix siècles plus tard pour se l’approprier en inversant juste le nom et le complément de nom – discours de la méthode.



Parmi les nombreux porte-paroles de l’Islam de nos jours, il y a à se demander s’ils ont revisité l’ABC de son discours, dont la méthode, l’organisation, l’approche, le contenu et l’adresse restent encore tout à l’honneur de Ja’far, l’une des communications les plus abouties du discours humain. Il ne s’agit pas du discours de l’Islam, car l’Islam n’a pour vocation que le bien-être humain. Imam Nûrud-Dîn est revenu sur les détails de ce qu’on pourrait appeler les lettre de créances de l’Ambassadeur Ja’far auprès de Najàshy, Prêtre et chef d’Etat en même temps à l’époque en Abyssinie (Ethiopie). L’Imam d’inviter à une relecture attentive non du contenu du discours de Ja’far, mais de la méthode, de l’approche, de l’organisation des idées et de l’éloquence de l’adresse. Le décor dit-il est inédit, car Ja’far après avoir été envoyé par le Prophète non comme Ambassadeur (ce sont les circonstances qui ont fait qu’il devienne Ambassadeur d’un instant), mais comme porte-parole du premier groupe d’émigrés de l’Islam s’est retrouvé devant un parterre de dignitaires Etatiques, de Prêtre religieux, de citoyens de confession différente, mais aussi devant ses détracteurs en les personnes de ‘Amr Ibn ‘Âç et de ‘Abdullah Ibn Rabî’. Devant une audience aussi multiforme et si inédite au tout début de l’Islam, il devait répondre à une question aussi complexe posée par le Chef de l’Eglise Abyssinienne, question aussi multiforme – Pourquoi vous n’avez pas suivi la religion de vos ancêtres ? Pourquoi vous n’avez pas embrassé ma religion, qui vient du ciel (messianisme) et d’où vient cette nouvelle religion que vous portez ? En quoi consiste-t-elle ?



Ja’far fait remarquer l’Imam n’a pas juste répondu par un réflexe mécanique de la liberté de religion, à savoir vous avez votre religion et nous avons la nôtre. Il a construit un plan de communication solide en prenant soin de bien séquencer ses arguments sans prêter le flanc de la faiblesse de l’argument, ni du fanatisme religieux, encore moins du dogme cultuel. Il a d’abord dépeint la situation de chaos que vivait Quraïsh et a fait confiance à la conscience de son audience pour en déduire les mêmes conclusions que la rationalité appellerait – nécessité de trouver une voie de salut. Il n’a pas cherché à justifier pourquoi ils ne sont pas restés dans la tradition ancestrale, ni embrassé le christianisme.



Il s’est éloigné du dogme religieux et surfé sur les valeurs humaines en mettant à nu le déficit de la société Quraïshite à observer un minimum de ces valeurs. Son portrait de la situation était à la fois cru et véridique – corruption, domination, usurpation du bien d’autrui, maltraitance des femmes, égoïsme et ostracisme, polythéisme fragmenté, absence de valeurs communes d’ordre social. Il a délivré un discours puisé de l’intuition, mais qui s’adresse à la conscience, et non à l’intellect fait remarquer l’Imam. Comment une communauté qui tolère tant de tares peut-elle se valoir d’ordre social ou même vivre dans la durée ? Il enchaîne ensuite sur l’attente très forte de la communauté d’un nouvel ordre social qui sauve Quraïsh et n’a pas corrélé le message du Prophète à cette attente. Il a plutôt fait remarquer que Muhammad qui était connu pour sa probité, son sens de l’humain, son attachement à la vérité et à la justice, son respect pour les femmes et qui avait été surnommé par tout Makkah Aç-çadiqul Amin est venu proposer (et non forcer) une solution et qui consistait en une antinomie explicite de chacun des maux que la communauté Quraïshite vivait.



Ja’far rappelle l’Imam est ensuite allé dans le détail en décrivant ce que le Prophète a proposé – Monothéisme fédérateur pour contrecarrer le polythéisme fragmenté, respect de l’autre pour contrecarrer l’ostracisme, consommation du licite pour contrecarrer la chasse au cadavre, solidarité pour contrecarrer l’usurpation des biens d’autrui, en un mot il les a invité à tourner le dos au chaos pour entreprendre le bien (V157, S7) sur des valeurs dont toute société humaine serait naturellement éprise.



Ensuite Ja’far sans toujours répondre directement aux questions du Chef de l’Eglise en vient maintenant à expliquer le pourquoi de leur présence sur ces terres, à savoir la persécution dont ils ont été objet, uniquement sur la base de leur adhérence libre et salvatrice à la religion révélée à Muhammad. Or, Najàshy en prêtre Chrétien est tout sympathique de ces situations de persécution qu’a connu leur prophète Jésus au début de son appel et en défenseur de la Foi ne peut accepter les persécutions religieuses, ni le retour à l’obscurantisme.



Mais encore plus fin ajoute l’Imam dans le plan de communication de Ja’far est d’adresser maintenant Najàshy et de lui vanter les échos de loyauté et de respect de la Foi que son magistère véhicule dans les terres. Nous avons choisi de venir chez toi et non ailleurs pour ce que nous savons de ton attachement au respect de la Foi, de ta protection des religions monothéistes et de notre conviction que nous serons sains et saufs ici. Alors que ‘Amr Ibn ‘Âç et ‘Abdullah Ibn Rabî’ envoyés par les dignitaires Quraïshite voulaient se les faire livrer en prisonniers après les avoir calomniés sans fondement devant l’audience. Et Ja’far d’enchaîner seulement maintenant sur le contenu de cette religion inconnue de l’audience chrétienne d‘Abyssinie, en insistant sur les valeurs de monothéisme donc communes, mais aussi en citant des pratiques connues du Christianisme, à savoir la prière comme acte d’adoration envers Dieu, le jeûne comme thérapie du corps et de l’âme et la Zakàt comme acte de solidarité envers les démunis. Il était touché à la fois dans l’émotion, dans l’intellect et dans la conscience et dans la foulée Najàshy a livré son verdict en informant aux émissaires de l’autre camp qu’ils pouvait rentrer à Makkah, que ce groupe d’émigrés allait rester bien protégés chez lui et qu’ils étaient libres de pratiquer leur religion - l’Islam sur ses terres.



Et pourtant Najàshy qui voulait en savoir plus sur cette religion qui raisonne divinement juste dans sa conscience de Prêtre a demandé à Ja’far si dans leurs écrits ou révélation, il y aurait quelque chose sur Jésus ou le christianisme. Or, justement, la Sûrat Maryam fait partie des premières Sūrat révélées comme argument du Prophète envers les communautés religieuses monothéistes et Ja’far n’a pas eu besoin de chercher plus loin. Le récit sur la Vierge Maryam et son fils sans papa Jésus tel que récité par Ja’far (S19) a non seulement ému Najàshy par le contenu, la densité, la divinité, mais surtout pour la première fois, un prêtre Chrétien entend un récit sur la Vierge Marie sans calomnie ni accusation (Vs 1-36) sur fonds de sectarisme religieux (judaïsme).



Jamais un discours improvisé n’a eu autant d’impact sur toutes les cibles – Etatique, Religieuse, Citoyenne, Etrangère (diplomatique), Civile, mais surtout intuitive et émotionnelle. Ja’far n’est pas allé dans la propagande, il est resté dans l’intuition (Fitra) pour cibler la conscience du juste, ces valeurs que toute l’humanité partage et que le Prophète avait servies comme socle de l’Islam. Si nous devons apprendre à communiquer dit l’Imam, à parler de l’Islam non pour convaincre mais pour défendre son message surtout en ces temps de controverse et de contre-vérité, nous devons revisiter attentivement ce discours de Ja’far.



Après la prière, j’ai eu le privilège de continuer ce thème avec un frère passionné de discours fédérateur et citoyen de nos religions, et aussi avec l’Imam avec qui nous avons aussi fait de la prolongation sur la conversion de ‘Amr Ibn Âç, officialisée seulement 22 ans après cet évènement à Hudaibya, mais qui aussi s’est laissé pénétrer par la profondeur du discours de Ja’far. ‘Amr qui a d’ailleurs réussi le Fath Miçr (Egypte) sous le règne de Seyyidunà ‘Umar comme Amîrul Mu’minîn et dont la belle et historique mosquée se trouve au Caire dans ce quartier chrétien (Copte) des Futûhàt sur les plateaux de la banlieue Est et qui mérite un tour touristique. Comme quoi, il ne faut jamais sous-estimer la longueur d’onde des vagues de Nûr de la Foi, celle de Ja’far résonne encore plus de 1450 ans après et Descartes en a sûrement puisé. Le Prophète et ses adeptes aiment servir, mais n’aiment pas la notoriété et Descartes peut rester le Maître du discours de la Méthode, mais la méthode du discours revient à Ja’far et les diplomates tout comme les professionnels de la communication (autant dire tous) ont encore à apprendre de lui.



Best Zyars en ce Vendredi 13 Rajab, donc de chance

Al Amin

Par AL Amine Kebe
Vendredi 30 Mars 2018

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